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Sécurité : des experts des douanes africaines outillés face aux menaces du commerce et l’utilisation illicites des produits chimiques

Un atelier de formation « Pairs à Pairs » pour les autorités douanières des pays francophones d’Afrique se tient à Abidjan du 21 au 23 mai 2024. Cette formation vise à renforcer les capacités des personnels des douanes africaines à faire face aux menaces et dangers causés par la mauvaise utilisation des produits chimiques par des organisations non étatiques.

Lire aussi : « Sécurité : les administrations douanières de 19 pays africains en conclave à Abidjan »

La cérémonie protocolaire d’ouverture de l’atelier a eu lieu le mardi 21 mai, à Abidjan-Plateau, en présence du directeur de cabinet du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur, du représentant du ministre de la Défense, de l’ambassadeur du Canada, de la cheffe de la Déclaration, de la Validation et de l’Evaluation de  l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), de la représentante de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD), du directeur général des Douanes ivoiriennes et du chef du secrétariat permanent de la Commission pour l’interdiction des armes chimiques en Côte d’Ivoire (CIAC-CI.

Ce sont 60 experts des administrations douanières issus de 17 pays africains francophones et de 02 pays anglophones (Ghana et Kenya) qui, trois jours durant, vont voir leurs capacités renforcer sur les questions liées à la Convention sur les armes chimiques. Cela en vue de favoriser la coopération et la collaboration entre les autorités nationales et les administrations douanières, et de promouvoir une coopération régionale renforcée entre les administrations douanières africaines.

Les travaux tourneront autour des thématiques suivantes : la Convention sur les armes chimiques et le rôle des administrations douanières dans la réponse aux menaces provenant d’auteurs non étatiques ; la gestion des risques appliquées aux produits chimiques répertoriés ; les outils d’identification des produits chimiques inscrits ; ainsi que des activités de soutien de l’Organisation mondiale des douanes et de l’OIAC.

L’objectif clairement affiché étant d’accroître la capacité opérationnelle des douanes africaines par le partage d’expériences et de bonnes pratiques.

« Nous devons prendre des mesures concrètes pour réduire les flots aux différentes entrées dans nos pays et assurer une traçabilité efficace des produits chimiques à travers nos frontières. Nous attendons beaucoup de nos partenaires, l’OIAC et l’OMD, dans ce processus », a soutenu le Général de Brigade Kouaho Amichia Edouard, chef du Secrétariat permanent de la Commission pour l’interdiction des armes chimiques en Côte d’Ivoire (CIAC-CI).

Le chef du CIAC-CI  a poursuivi en indiquant que la Convention sur les produits chimiques, à laquelle la Côte d’Ivoire est partie, « offre un cadre juridique solide pour renforcer la sécurité chimique. Nous devons travailler ensemble pour comprendre pleinement nos obligations et exploiter au mieux les ressources et l’expertise que l’OIAC et l’OMD mettent à notre disposition ». A l’endroit des participants à cet atelier, le Général Kouaho Amichia  a souligné que « cette formation est une opportunité précieuse, pour nous tous; elle nous permettra d’échanger des connaissances, de partager des expériences et de nos renforcer nos capacités à faire face aux défis complexes auxquels nous sommes confrontés ».

Signée le 13 janvier 1993, et entrée en vigueur le 29 avril 1997, la Convention sur les armes chimiques vise à interdire la production, l’acquisition, le stockage, le transfert et l’utilisation des armes chimiques. Elle prévoit des mesures d’assistance et de protection pour les Etats parties en cas de menaces ou d’attaques chimiques et encourage la coopération internationale ainsi que le commerce de produits chimiques à des fins pacifiques. Cet instrument juridique international est administré par l’OIAC.

« Malgré les objectifs nobles et les efforts de l’OIAC, récompensés à juste titre par le prix Nobel de la Paix en 2013, la mise en œuvre de la Convention est confrontée à des défis majeurs. Notamment, la détection et la prévention du commerce illicite des produits chimiques contrôlées, la gestion des technologies à double usage, l’adaptation aux nouvelles menaces, ainsi que le renforcement des capacités nationales pour la surveillance et le contrôle des activités liées aux produits chimiques », a déploré le directeur général des Douanes ivoiriennes.

Se réjouissant de la tenue de cet atelier, l’Administrateur Général des Douanes, Da Pierre Alphonse, a estimé que la gestion holistique de ces défis « nécessite une approche multidimensionnelle impliquant des efforts conjoints de coopération, de renforcement des législations nationales, recours aux technologies modernes de surveillance et  de formation ».

Pour sa part, le Directeur de cabinet du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur, a insisté sur l’importance de l’article 6 de la Convention de l’OIAC, lequel offre un cadre juridique solide pour renforcer la sécurité et la sûreté autour des produits chimiques toxiques. « Il est donc essentiel que les Etats membres de cette organisation comprennent et s’approprient pleinement les mécanismes prévus par cet article pour renforcer leurs capacités nationales dans ce domaine crucial », a de ce fait déclaré Kanté Kouassi Joachim dans son allocution d’ouverture de l’atelier.

L’organisation de cet atelier de formation « Pairs à Pairs » est une initiative conjointe de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques et l’Organisation Mondiale des Douanes avec le soutien du Gouvernement Canadien ; un soutien qui se fait à travers le Programme canadien de réduction de la menace des armes.

Présent à la cérémonie protocolaire d’ouverture de l’atelier, l’ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire, S.E.M. Anderson Blanc, en a profité pour apporter un éclairage sur la contribution de son pays à la lutte contre la prolifération et les menaces des armes.

« Le Programme de réduction de la menace des armes met en œuvre les engagements pris par le Canada dans le cadre du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes, dirigé par le G7. Ce Programme collabore avec des partenaires internationaux pour mettre en œuvre des programmes concrets de réduction de la menace visant à empêcher des terroristes et des Etats d’acquérir et d’utiliser des armes de destruction massive. Depuis 2002, ce programme a fourni plus de 700 milliards de Fcfa d’aides tangibles à la réduction des menaces, afin d’atténuer les menaces chimiques, biologiques, bactériologiques et nucléaires, à l’échelle mondiale », a expliqué le diplomate canadien.

S.E.M. Anderson Blanc a tenu, à l’issue de son propos, à partager son inquiétude sur le fait que « les armes chimiques restent des armes de destruction massive les plus largement utilisées et les plus répandues dans l’histoire », passé et présente.

M.P

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