
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’il demandait l’instauration dès ce lundi de couvre-feux localisés et partiels en France à la suite des violences et des pillages en marge de manifestations samedi où se mêlaient revendications des lycéens et mécontentement face au coût de la vie.
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« J’ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels, dans lequel les préfets vont faire ce travail de discussion, non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d’industrie », a-t-il dit.
S’exprimant à la sortie d’une réunion interministérielle de crise, le chef du gouvernement a ajouté que « dans le courant de l’après-midi, le ministère de l’Intérieur pourra (…) donner une cartographie assez précise de ce que les préfets auront décidé ».
« Il n’est pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu. Ça n’a pas de sens. Ça ne correspond pas d’ailleurs à ce qu’on a vu (…). C’est le problème des images aussi. Les images donnent l’impression que tout est égal partout. Non, fort heureusement », a poursuivi Sébastien Lecornu.

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a rejeté la démission présentée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ce dernier s’estimant « responsable de tout ce qui se passe ».
Le ministère de l’Intérieur a dénombré 550.000 manifestants dans tout le pays samedi, dont 110.000 à Paris, la CGT faisant état pour sa part de 800.000 personnes dans les cortèges, qui se sont dans l’ensemble déroulés sans incident.
Mais parallèlement à ces manifestations, voire au lendemain de ces dernières, de nombreux commerces ont été vandalisés ou détruits – près de 3.000 selon la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) – et des bâtiments publics attaqués, dont l’exemple le plus spectaculaire a été l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges.
S’exprimant sur France 2, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé que les autorités avaient « failli incontestablement » à contenir les violences au cours du week-end, ajoutant qu’il y avait eu « un défaut dans le renseignement », ce qui empêche de lutter de bonne manière contre ce qu’il qualifie « d’ultra-gauche ».

En réaction aux événements du week-end, les rendements obligataires de la France grimpent lundi, celui de l’OAT à dix ans montant de neuf points de base (pdb) pour s’établir à 4,8712%, alors que son équivalent allemand de même échéance n’affiche qu’une hausse de deux pdb.
Les craintes d’instabilité politique viennent s’ajouter à une situation financière déjà tendue alors que l’Assemblée nationale a commencé à examiner un projet de budget pour 2027 dont l’avenir est incertain.
Sébastien Lecornu a jugé qu’un recours à l’état d’urgence n’était pas d’actualité mais restait envisageable, tout en martelant sa détermination à « rétablir l’ordre ».
Les maires de Paris, Lyon et Marseille et une partie de l’opposition ont critiqué la gestion du maintien de l’ordre par l’exécutif.
Dans une allocution à l’Elysée dimanche soir, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de tirer « toutes les leçons en termes de renseignement et d’anticipation et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire ».
Source : Reuters



