Côte d'IvoireDernières actualitésElectionsSociété civile

Nouvel organe électoral : les organisations de la société civile veulent être associées à la prise de décision

La Synergie des organisations de la société civile (environ 2000 organisations de 21 faitières)  souhaite un cadre de dialogue approfondi avec les autorités afin de discuter de ses propositions pour une réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire. Elle plaide notamment pour une architecture institutionnelle susceptible de renforcer la transparence des scrutins, la fiabilité du fichier électoral et la confiance des citoyens dans le processus électoral.

La réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire continue de susciter des réactions au sein de la société civile. À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce mercredi 28 octobre 2026 à Abidjan-Cocody, la Synergie des organisations de la société civile a réaffirmé sa volonté de participer pleinement aux discussions engagées par les autorités en vue de la mise en place d’un nouvel organe électoral.

Prenant la parole au nom du Consortium des organisations de la société civile, Dr Anne Nadège Assahou, du Centre Ahou, a salué les consultations initiées par les autorités avec différents acteurs. Elle a toutefois insisté sur la nécessité d’aller au-delà du simple recueil des avis.

« La Synergie prend acte des consultations initiées par les autorités avec la participation d’autres organisationsc de la société. Elle demeure néanmoins dans l’attente d’un cadre permettant d’examiner ces contributions des différents acteurs de manière approfondie et dynamique », a-t-elle déclaré.

Pour la porte-parole du Consortium, une consultation publique ne saurait se limiter à collecter des propositions. Elle doit également offrir la possibilité de confronter les différentes options, d’en débattre et d’en mesurer les implications pour les citoyens.

« Nous demeurons donc dans l’attente d’un cadre d’échange approfondi avec les autorités, afin de discuter des garanties proposées et d’examiner leur éventuelle prise en compte. Des courriers ont été transmis à cet effet et nous sommes dans l’attente », a précisé Dr Anne Nadège Assahou.

Cette rencontre avec la presse a également permis à la Synergie de revenir sur son Livre blanc, présenté le vendredi 3 juillet 2026 à l’hôtel Palm Club de Cocody. Ce document rassemble des propositions destinées à contribuer à la réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire.

Présentant le dossier technique, Marc Kouassi, secrétaire général de l’ONG Tolérance of the World et membre de la plateforme, a exposé une architecture institutionnelle reposant sur trois entités aux missions complémentaires.

Lire aussi : Composition d’un nouvel organe électoral : la société civile présente son « Livre blanc » de propositions

La première, une Commission électorale d’experts (CEE), serait chargée de la régulation et de la décision électorales. La deuxième, un Département général du fichier électoral (DGFE), assurerait la gestion technique permanente du fichier électoral. Enfin, un Département général de l’éducation civique et électorale (DEGECE) aurait pour mission de coordonner les actions d’éducation civique et électorale.

À travers cette proposition, la Synergie entend promouvoir une organisation des responsabilités qui permette de renforcer l’efficacité du système électoral et de mieux garantir la transparence du processus.

Pour les organisations membres du Consortium, la réforme envisagée ne doit cependant pas être réduite à une simple réorganisation administrative. Elle touche à des enjeux fondamentaux de démocratie et de souveraineté populaire.

« Les règles électorales déterminent les conditions d’exercice de la souveraineté populaire, la protection des droits des électeurs et les garanties de transparence des scrutins. Elles appellent donc un débat ouvert, documenté et attentif à l’intérêt général », souligne le rapport du Consortium 44.

Marc Kouassi a, pour sa part, rappelé que les propositions contenues dans le Livre blanc visent notamment à fiabiliser le fichier électoral, à garantir la vérifiabilité des résultats et à faciliter l’accès des citoyens à l’information électorale.

L’objectif, selon les initiateurs de cette démarche, est de contribuer à la consolidation de la démocratie et de prévenir la répétition des crises électorales qu’a connues la Côte d’Ivoire par le passé.

La Synergie estime ainsi que la réforme de l’organe électoral doit faire l’objet d’une concertation suffisamment approfondie pour permettre aux différents acteurs de contribuer à l’élaboration d’un dispositif crédible, transparent et adapté aux réalités nationales.

Interrogé sur la question à l’issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a indiqué que les recommandations formulées par les différents acteurs de la vie politique ivoirienne, à la demande des autorités, feront l’objet d’un examen.

Il a précisé que le gouvernement entend analyser les différentes propositions afin d’en dégager les points de convergence. Une fois ce travail achevé, le projet de réforme sera transmis à l’Assemblée nationale.

Amadou Coulibaly a également appelé à éviter toute surenchère politique autour de cette démarche gouvernementale.

« Il ne faut pas, je pense, transformer aujourd’hui des actes normaux de la vie d’un pays en une surenchère politique », a-t-il déclaré.

Ey

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité