Composition d’un nouvel organe électoral : la société civile présente son « Livre blanc » de propositions

Des organisations de la société civile, au nombre de 1 780, se sont réunies, ce vendredi 3 juillet 2026, à l’hôtel Palm Club de Cocody, à Abidjan, afin de formuler des propositions en faveur d’une réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire.
À cette occasion, un »Livre blanc » sur l’avenir de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire a été présenté lors d’une conférence de presse.
Cette initiative bénéficie de l’appui de European Partnership for Democracy (EPD), un réseau regroupant une vingtaine d’organisations européennes intervenant dans plus de 140 pays en Afrique, en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique latine.
« Notre démarche repose sur une conviction : une réforme durable de la gouvernance électorale est indispensable », a déclaré Dr Anne Nadège Assahou, du Centre Ahou et porte-parole du consortium des organisations de la société civile.
Selon elle, cette réforme doit s’appuyer sur quatre principes fondamentaux : l’indépendance, la compétence, l’inclusivité et la transparence.

Une nouvelle architecture pour l’organe électoral
Le Livre blanc recommande la création d’un nouvel organe de gestion des élections, conçu comme une institution publique indépendante, avec une séparation claire entre les responsabilités stratégiques, techniques et pédagogiques.
La première serait une Commission électorale d’experts, chargée des orientations stratégiques de l’institution. Ses membres exerceraient un mandat unique de six ans, non renouvelable. Cette commission réunirait des représentants de la société civile, des partis politiques, des organisations de femmes et de jeunesse, du monde de la recherche, de l’Ordre des avocats ainsi que du Conseil supérieur de la magistrature.
La deuxième composante consisterait en un Département général du fichier électoral, structure permanente chargée de la gestion technique du fichier électoral, de sa fiabilité et de son auditabilité. Les responsables de cette entité seraient recrutés à l’issue d’un appel public à candidatures afin de garantir la compétence, l’impartialité et la transparence.
Enfin, le projet prévoit la création d’un Département général de l’éducation civique et électorale, chargé de renforcer la sensibilisation des citoyens et de promouvoir une meilleure culture démocratique.
Pour les organisations de la société civile, cette nouvelle architecture traduit la volonté de professionnaliser davantage la gouvernance électorale tout en consolidant son indépendance.

Des recommandations pour renforcer la transparence.
Au-delà de la réforme institutionnelle, le Livre blanc formule plusieurs recommandations destinées à améliorer le processus électoral. Il préconise notamment : une révision annuelle, transparente et inclusive de la liste électorale, la digitalisation sécurisée des procès-verbaux et de la proclamation des résultats, la publication des résultats détaillés par sexe et par tranche d’âge à l’échelle de chaque bureau de vote, le renforcement de la communication publique sur le processus électoral ;
une stratégie de lutte contre la désinformation, la formation des journalistes aux questions électorales, la mise en place de cadres permanents de dialogue politique ainsi qu’une réforme consensuelle et inclusive du cadre juridique régissant les élections.
Les leçons des élections de 2025
Pour la société civile, les élections de 2025 ont mis en lumière les défis persistants du système électoral ivoirien. « Si elles ont confirmé la vitalité de notre vie démocratique, elles ont également révélé la persistance de fragilités institutionnelles », souligne le document.
L’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), régulièrement critiquée, notamment par les partis de l’opposition, a été dissoute par le Président de la République en mai 2026. Cette décision a créé un vide institutionnel que les autorités ivoiriennes s’efforcent aujourd’hui de combler à travers une réforme du dispositif électoral.
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