Elections 2025 : Blé Goudé annonce la participation du COJEP aux élections législatives

Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, s’est exprimé, ce dimanche 9 novembre 2025, à ses militants et aux médias, à l’occasion d’un Conseil politique extraordinaire de son parti.
Après avoir fait le bilan de la dernière élection présidentielle, au cours de laquelle son parti a fait campagne pour Simone Ehivet Gbagbo du MGC, Charles Blé Goudé a annoncé que le COJEP participera activement aux élections législatives prévues pour le 27 décembre 2025.
Ci-dessous, l’intégralité de son allocution.
Ivoiriennes mes sœurs,
Ivoiriens mes frères,
Mes Chers compatriotes,
Camarades du COJEP,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Les résultats définitifs prononcés par le conseil constitutionnel, ont fermé les rideaux sur l’élection présidentielle d’octobre 2025.
Ces résultats ne sont Malheureusement pas en faveur de Dr. Simone Ehivet Gbagbo, la candidate à qui le COJEP a apporté son soutien.
Camarades, Diriger, c’est faire des choix. Diriger, c’est aussi assumer les conséquences de ses choix. C’est cela que l’on appelle avoir le sens de la responsabilité.
Ainsi, nous assumons pleinement avec notre candidate, les résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Nous en avons aussi tiré tous les enseignements.
A travers la candidature de Dr. Simone Ehivet Gbagbo, nous avions voulu faire entendre la voix d’une autre partie des ivoiriens qui souhaitaient l’alternance. Hélas, nous n’y sommes pas parvenus.
Pour certains, ce résultat est un échec. Pourtant non! Ce n’est qu’une victoire reportée.
A cette heure solennelle, je veux, une fois encore, vous dire merci. Merci à toutes celles et tous ceux qui, malgré les doutes, les pressions, l’intimidation et la peur organisée, sont sortis pour accomplir leur devoir citoyen et exprimer leur différence. C’est aussi cela le jeu démocratique tel que nous le rêvons.
Merci aux militants et sympathisants du COJEP, qui dans des conditions difficiles, ont mis en œuvre la décision de la convention du parti. Merci d’avoir fait preuve de discipline.
Merci à tous les Ivoiriens qui ont choisi la voie de la paix, la voie du bulletin. Montrant ainsi qu’aucune ambition politique ne vaut la perte d’une vie humaine.
L’élection est certes terminée. Mais, voici la Côte d’Ivoire en train de compter ses blessés, ses prisonniers.
Des familles pleurent leurs disparus du fait d’affrontements qu’on aurait pu éviter.
Depuis mon retour de La Haye, j’ai sillonné villages et campements, hameaux. J’ai visité plusieurs villes, pour prêcher la paix, la réconciliation et la responsabilité citoyenne. J’ai dit à mes compatriotes : “La vraie bataille ne se gagne pas avec les armes, mais avec les urnes.”
J’ai averti du danger qui s’annonçait, j’ai lancé des appels à la raison et à la retenue, mais certains ont préféré me moquer. Ils m’ont insulté, caricaturé, vilipendé, diabolisé. Ils m’ont présenté comme l’ennemi public à abattre, le traître.
Aujourd’hui, les faits parlent. Le jour viendra où la vérité sera exhumée des décombres où l’on tente vainement de l’ensevelir.
Ce jour-là, l’histoire m’acquittera, comme la CPI n’a pas eu le choix que de m’acquitter après plusieurs années de procès et d’accusations fondées sur un dossier qui a brillé par sa vacuité.
Les ivoiriens sauront un jour que mon seul tort, c’est d’avoir eu raison trop tôt, d’avoir un amour profond pour mon pays, et de me soucier pour la vie de mes compatriotes.
Camarades,
ivoiriennes mes sœurs,
Ivoiriens mes frères,
Si mes appels, mes interpellations, avaient été entendus, la Côte d’Ivoire n’aurait pas à pleurer ses enfants aujourd’hui, ni à réclamer la libération de certains des nôtres incarcérés.
Regardons autour de nous. Dans de nombreux pays, les jeunes, les populations ont compris que leur voix est leur pouvoir.
Au Ghana, la démocratie est devenue une tradition, parce que chaque citoyen sait que voter, c’est construire.
C’est par le vote que l’Afrique du Sud a choisi Nelson Mandela, un homme qui a su transformer la douleur en force, la vengeance en pardon, pour rassembler le peuple sud-africain divisé par plusieurs années d’apartheid.
Comme ces peuples suscités, je crois fermement dans l’alternance par la voie du jeu démocratique. Je continuerai d’appeler nos concitoyens à faire le choix de la voie du courage, de la paix et de la responsabilité. Malgré les difficultés, nous devons garder foi en l’avenir.
Le COJEP se renforce, se structure, se consolide jour après jour.
Dans chaque région, dans chaque village, des femmes et des hommes de courage qui portent dans leurs cœurs l’espérance d’une Côte d’Ivoire réconciliée, unie et prospère, se lèvent pour rejoindre le COJEP dans sa marche.
Nous appelons tous les Ivoiriens, jeunes, femmes, hommes, travailleurs, paysans à nous rejoindre pour bâtir ensemble une nation où la justice ne sera pas un privilège, où la dignité ne sera pas un luxe, et où le pouvoir ne sera plus une fin, mais un service.
La Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’une autre guerre. Elle a besoin d’une espérance nouvelle. Elle a besoin d’un peuple debout, fier et libre, et surtout uni; un peuple capable de dire non à la haine et oui à l’avenir.
Camarades Ce que nous n’avons pas pu obtenir cette fois-ci, nous l’obtiendrons demain, car l’histoire ne s’écrit jamais en un seul jour.
Le COJEP restera fidèle à sa mission : éduquer, éveiller, rassembler et bâtir.
Et je le dis avec force : *l’espérance ne meurt jamais*. C’est pour quoi, fidèle à notre foi dans la force du vote, j’annonce solennellement que le COJEP participera pleinement aux prochaines législatives.
L’histoire continue, et elle finira par donner raison à ceux qui aiment leur pays plus qu’ils n’aiment leur personne.
A l’endroit du président de la République, son Excellence Alassane Ouattara, vainqueur déclaré de l’élection présidentielle d’octobre 2025, je voudrais exprimer mes félicitations au nom du COJEP.
En sa qualité de Président de tous les Ivoiriens, même ceux qui ne lui ont pas accordé leurs suffrages, le COJEP demande sa clémence en faveur de nos sœurs et frères qui ont été emprisonnés à l’occasion des manifestations liées à la présidentielle d’octobre 2025.
Pour matérialiser cette demande, le COJEP utilisera les voies idoines. Je sais que ce dossier est judiciaire, mais je fais appel au cœur et à l’humanité du président.
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Camarades,
L’élection présidentielle étant désormais derrière nous, il y a des réformes dont la Côte d’Ivoire ne saurait faire l’économie.
Au niveau de l’élection, nous demandons la dissolution de la commission électorale indépendante en vue de la remplacer par un organe qui pourra nous faire oublier les années de crises postélectorales et restaurer la confiance entre les ivoiriens et le système électoral.
Le COJEP propose une loi d’encadrement des budgets pour les campagnes électorales afin que l’élection ne soit pas déséquilibrée, car même un pauvre peut avoir de bonnes idées et un bon projet de société pour son pays. Il en est de même pour les représentants des candidats dans les bureaux de vote.
Le COJEP propose que le paiement de leur perdiem soit à la charge de l’état.
Mesdames et Messieurs les journalistes,
toutes ces propositions seront inscrites dans un compendium que nous rendrons bientôt publique.
Pour finir, notre rêve de bâtir une Côte d’Ivoire tolérante et démocratisée, dans laquelle tous les Ivoiriens trouvent de nouveau confiance dans leurs institutions, reste notre projet majeur.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
Fait à Abidjan le 09 novembre 2025
Charles Blé Goudé
Président du COJEP



