Côte d'IvoirePolitique

Droits de l’homme : Assalé Tiémoko dénonce l’élection d’Adjélou Christian, « un militant actif et zélé », à la présidence du CNDH-CI

Adjélou Christian Arnaud, réputé proche du parti au pouvoir, le RHDP, a été élu président du Conseil national des Droits de l’homme (CNDH) de Côte d’Ivoire, le mardi 24 mars 2026, pour un mandat de 6 ans non renouvelable, par les 12 conseillers composant la commission centrale de l’institution.

Lire aussi : Droits de l’homme : Adjélou Christian Arnaud élu président du CNDH en remplacement de Namizata Sangaré

Enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, Adjélou Christian Arnaud est, par ailleurs, depuis le mois de mars 2026, le directeur de cabinet du ministre d’État Kobenan Adjoumani, nommé conseiller spécial à la Présidence de la République à la suite du remaniement gouvernemental du 23 janvier 2026.

L’élection d’Adjélou Christian à la tête du nouveau Bureau exécutif du CNDH-CI, en remplacement de Namizata Sangaré, est perçue par le journaliste d’investigation et maire de la commune de Tiassalé, Assalé Tiémoko, comme « une promotion audacieuse, qui témoigne d’une conception pour le moins souple de l’indépendance pourtant proclamée par les textes fondateurs de cette institution ».

Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration du président du parti ADCI, postée sur sa page Meta, le mercredi 25 mars 2026.


CNDHCI : militant aujourd’hui, arbitre demain.

Adjelou Christian, militant revendiqué du RHDP, a été installé à la tête du Conseil national des droits de l’homme (CNDHCI).

Une promotion audacieuse, qui témoigne d’une conception pour le moins souple de l’indépendance pourtant proclamée par les textes fondateurs de cette institution.

L’article 16, lui, n’a pas jugé utile de faire preuve d’autant de créativité : « Le président du CNDHCI doit être une personnalité reconnue pour sa respectabilité, sa probité et son impartialité. »

Des critères clairs, mais manifestement interprétables, comme on en a le talent, au RHDP.

L’impartialité, d’abord.

Difficile de l’invoquer chez un militant actif et zélé, totalement acquis au régime, dont l’engagement partisan ne relève ni du passé ni de la discrétion.

La respectabilité et la probité, ensuite.

En décembre dernier, Adjelou Christian s’est illustré à Tiassalé en menant campagne pour le candidat de son parti aux législatives.

Dans un élan d’enthousiasme électoral, il n’a pas hésité à enrichir la réalité, attribuant à la générosité personnelle de son candidat la construction de l’ensemble des collèges de proximité de Tiassalé et des villages environnants.

Dès lors, une question s’impose, presque rhétorique : comment une personne rompue à l’art de l’arrangement des faits pourrait‑elle incarner la rigueur morale et l’impartialité exigées à la tête d’une institution chargée de traiter, avec équité et indépendance, des violations des droits de l’homme, souvent imputées aux services de l’État eux‑mêmes ?

La même logique semble désormais présider à la mission d’observation électorale du Conseil. Car quoi de plus rassurant, pour évaluer la crédibilité d’un scrutin, qu’un président du CNDHCI ayant lui‑même battu campagne et niant, sur les plateaux de télévision, l’existence des fraudes électorales ?

En nommant Adjelou Christian, le pouvoir RHDP n’a pas affaibli le CNDHCI. Il a simplement cessé de prétendre que cet organe était indépendant.

ASSALÉ TIÉMOKO ANTOINE

PRÉSIDENT DE L’ADCI.

W.Bissa

Journaliste professionnelle

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité