Christian Delmotte (Eurocham) : « la corruption et le blanchiment d’argent font perdre 1300 milliards Fcfa à la Côte d’Ivoire »

« En 2023, le rapport du FMI indiquait que la corruption et le blanchiment des capitaux faisaient perdre 1300 milliards à la Côte d’Ivoire, soit 4% de PIB », a déclaré Christian Delmotte, président de la Chambre de commerce européene en Côte d’Ivoire (Eurocham). C’était le, le 17 avril 2025, à l’occasion de la 4ème édition du Networking Cocktail mensuel de l’Eurocham, à Abidjan-Cocody, autour du thème : « Ethique & Gouvernance ».
Aussi, ajoute-t-il, « en 2017, le rapport de Transparency International placé la Côte d’Ivoire à la 103è position sur 180 pays, en 2023, nous étions 87e position et 69è en 2025. Et le rapport du Groupe d’Action financière (Gafi), en 2024, plaçait la Côte d’Ivoire en liste grise. Ce qui n’est pas bon pour le business, notamment dans la relation entre les banques nationales et les autres banques, à l’étranger »
Pour Christian Delmotte, beaucoup d’efforts ont été faits par le gouvernement ivoirien pour améliorer la situation du pays : « une activation du code pénal, la création de la Haute autorité pour la bonne gouvernance avec le ministre juge Epiphane Zoro Bi Ballo qui fait un travail formidable, la mise en place d’une loi pour la protection des lanceurs d’alerte, un portail pour les dénonciations anonymes et la création récemment d’une académie pour la bonne gouvernance, la digitalisation des déclarations de patrimoines de près de 10 000 assujettis en Côte d’Ivoire ».
Malgré tout cela « la corruption continue de gangrener notre société ivoirienne, quelque soit le secteur (public que privé), ce qui n’est pas bon pour l’économie », a-t-il dit.
Selon lui, cette situation dû en grande partie à la pauvreté même si le taux de pauvreté est passé de 55% (2011) à 35% (actuellement) ce qui n’est pas bon pour le développement rapide du pays
Le programme African Certification of Corporate Governance (ACCG) financé par la Banque mondiale et Siemens a objectifs principaux : sensibiliser et appuyer une centaine d’entreprises ivoiriennes sur 3 bonnes mesures de bonne gouvernance et accompagner, durant 3 ans, ces entreprises dans l’application de ces mesures de gouvernance.
Ce projet vise à promouvoir une culture d’entreprise fondée sur l’éthique et la bonne gouvernance, contribuant ainsi au développement économique durable du pays.
A en croire Christian Demotte, il y a un intérêt pour les entreprises à adopter des conduites de bonne gouvernance car » la bonne gouvernance donne confiance aux investisseurs, elle permet d’accélérer l’accès au marché, d’améliorer la rentabilité des entreprises en diminuant les charges et éviter des soucis juridiques », a-t-il soutenu.
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