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Bénin : 15 soldats tués dans une nouvelle attaque djihadiste près du village de Kofouno, dans le nord du pays

L’armée béninoise a été de nouveau endeuillée par une attaque djihadiste menée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al-Qaïda) et qui a fait 15 morts parmi les soldats dans le nord du pays.

Les groupes djihadistes comme le JNIM ou l’État islamique sont très actifs au Sahel central – Mali, Burkina, Niger –, mais ciblent depuis quelques années le nord de pays côtiers comme le Bénin ou le Togo.

Mercredi, cette attaque a visé un camp militaire près du village de Kofouno, à une quinzaine de kilomètres de la frontière du Niger, et « s’est soldée par la perte de 15 de nos personnels et cinq blessés dont la vie n’est pas en danger », a déclaré jeudi à l’AFP le porte-parole de l’armée, le colonel James Johnson.

« Le camp reste sous contrôle de l’armée », note le colonel.

« Côté ennemi, une colonne de terroristes qui se repliait après leur odieux forfait a été interceptée par nos aéronefs déployés, tuant au moins quatre terroristes et détruisant trois de leurs motos », a-t-il ajouté, précisant que la « traque se poursuit ».

Une source militaire déployée au front dans la zone avait indiqué plus tôt jeudi à l’AFP qu’une attaque au « lourd bilan humain » avait eu lieu.

L’attaque a été revendiquée par le JNIM.

Selon Wamaps, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisés dans l’actualité sécuritaire de la région, « les combats ont été violents et le bilan est très élevé ». Il fait état d’« au moins 22 soldats tués » et d’un camp « pillé et incendié ».

Le Bénin est loin d’être épargné par les violences djihadistes : 2025 a été « l’année la plus meurtrière » pour les forces de sécurité, relevait fin février Héni Nsaibia, analyste chez l’ONG ACLED qui recense les victimes de conflits dans le monde.

En avril 2025, 54 soldats béninois avaient été tués dans une attaque du JNIM dans le nord du pays.

Le pays, où se tient une présidentielle dans un mois, a déployé depuis 2022 une force antidjihadiste de 3000 hommes pour sécuriser ses frontières dans le cadre de l’opération baptisée « Mirador », avant de recruter 5000 soldats supplémentaires pour renforcer la sécurité dans le nord.

Selon plusieurs experts, le JNIM, créé en 2017, recrute de plus en plus au sein des populations locales.

Ces dernières années, il a étendu ses opérations aux pays du golfe de Guinée, où il mêle prosélytisme, réseaux logistiques et attaques ponctuelles, sans contrôle territorial durable, contrairement au Sahel où il est implanté dans de larges pans de territoire.

La zone frontalière reliant le Bénin, le Niger et le Nigeria est devenue en 2025 un nouveau foyer de violences djihadistes, marqué par une forte hausse des attaques et une implantation durable des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, indique ACLED.

Cette expansion est favorisée par les forêts classées et les parcs du complexe W-Arly-Pendjari qui sont des terrains propices au repli des groupes djihadistes pour échapper aux offensives des armées nationales.

Selon un rapport d’experts présenté au Conseil de sécurité de l’ONU en février, la branche sahélienne d’Al-Qaïda a récemment nommé un « émir pour le Bénin. »

Source : AFP

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