Après les violences à Yopougon : le PPA-CI dénonce des ‘’enlèvements’’ de ses militants et des actes d’intimidation
Voir la déclaration du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI)
Suite aux événements survenus dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 août 2025, dans la commune de Yopougon, le Parti des peuples africains- Côte d’Ivoire (PPA-CI) a animé une conférence de presse, ce dimanche 3 août 2025, au siège du parti à Abidjan-Cocody (Riviera Bonomin).
A cette occasion, Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, a annoncé la détention de sept militants de ce parti, dont Pascale Zaholy, députée suppléante à Yopougon, Kado Gnégbré, secrétaire national technique du PPA-CI. président exécutif du parti de Gbagbo a dénoncé à cet effet une tentative d’intimidation.
Pour le PPA-CI, « l’enlèvement de ses militants visent à empêcher la marche du 9 août 2025 que le Front commun PPACI- PDCI-RDA projette d’organiser ».
Pour Sébastien Dano Djédjé, ces arrestations portent atteinte aux droits fondamentaux des citoyens et ne sont pas de nature à favoriser la décrispation politique en Côte d’Ivoire.

C’est à juste titre qu’il a demandé la libération des militants interpellés, lancé un appel à la mobilisation et à la vigilance des militants, « à ne pas se laisser intimider, ni détourner de l’objectif général qui est la marche du 9 août 2025 ».
« À qui profite le crime ? qui a intérêt qu’on brûle les bus et les véhicules des policiers maintenant ? » s’est-il interrogé. Avant d’ajouter que le PPA-CI se réserve le droit de saisir les organisations internationales de droits de l’homme pour apporter la lumière sur cette affaire.
Dans la nuit du vendredi 1er août au samedi 2 août 2025, sur la voie entre la base des Sapeurs-pompiers et le complexe Jessie Jackson de Yopougon, un groupe d’individus, encagoulés, armés de gourdins, de machettes et de cocktail incendiaire, ont incendié un bus de la Sotra et s’en sont pris à un véhicule de police, molestant ses occupants.
Dans la foulée, le procureur de la République a fait un communiqué pour dénoncer ces actes de violence, avant d’annoncer que les auteurs de ces actes de violences seront retrouvés et poursuivis conformément à la loi.
A trois mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, la tension monte dans les états-majors des différents partis politiques.
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Déclaration du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI)
- Le samedi 2 août 2025, Monsieur le Procureur de la République auprès du Tribunal de Première Instance d’Abidjan a communiqué au sujet des violences survenues dans la nuit du vendredi 1er août à Yopougon. Il a rapporté qu’une bande armée de machettes, gourdins, armes à feu et cocktails incendiaires, masquée par des cagoules, a incendié un bus de la SOTRA et attaqué un véhicule de la Police Nationale, molestant ses occupants. Le Procureur a assuré que « tout sera mis en œuvre pour retrouver les auteurs, complices et commanditaires de ces actes ».
D’entrée de jeu, le PPA-CI condamne fermement ces actes de violence et exprime sa compassion aux victimes.
- Mesdames et Messieurs,
Alors que l’opinion publique nationale et internationale s’attendait à ce que Monsieur le Procureur de la République respecte les procédures prévues par le code de procédure pénale de notre pays, la réalité observée dès le matin du 3 août est tout autre. Une vague de répression s’abat illégalement sur nos cadres et militants.
De nuit, les camarades dont les noms suivent Pascale ZAHOLY, députée-suppléante de Yopougon, Kado GNEGBRÉ (SNT), Josué KOUAMÉ, KOUASSI BROU, Éric KOGO, Fofana SOULEYMANE et ZOH INZA sont enlevés et emmenés vers des lieux inconnus.
- Le PPA-CI dénonce avec la plus grande fermeté ces pratiques anticonstitutionnelles, héritées du passé sombre de notre pays, qui confirment que le régime RHDP persiste dans ses méthodes d’intimidation et de répression politique.
- Nous rappelons qu’en République, la présomption d’innocence est un droit sacré, tout comme la protection contre les arrestations arbitraires. Les libertés d’expression, d’association, de réunion pacifique et de circulation ne sauraient être criminalisées. Les autorités sont tenues de notifier immédiatement les motifs d’arrestation, de présenter les personnes arrêtées devant un magistrat dans les délais légaux, de garantir leur accès à un avocat, ainsi que d’informer et d’accorder l’accès aux familles et au personnel médical.
Si les services de sécurité disposent d’éléments à reprocher à nos camarades, ils doivent les convoquer dans le strict respect de la loi, et non les enlever dans l’ombre de la nuit.
- Ces arrestations arbitraires portent atteinte non seulement aux droits fondamentaux des citoyens, mais aussi à la décrispation politique et à la cohésion nationale, que tout le peuple ivoirien appelle de ses vœux. Le PPA-CI exprime sa solidarité totale envers les militants ainsi victimes et réclame leur libération immédiate.
- Nous alertons par ailleurs sur la montée inquiétante des violations des libertés constitutionnelles, en particulier à quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Nous mettons en garde contre toute instrumentalisation de la justice et de la force publique à des fins politiques.
- Le PPA-CI exhorte le pouvoir en place à cesser ces pratiques déshonorantes et à se conformer pleinement aux exigences de l’État de droit, en assurant la sécurité et la liberté de tous les citoyens, et tout particulièrement des militants de l’opposition.
Nous suivons cette affaire avec la plus grande vigilance et nous nous réservons, conformément à la loi, le droit d’agir pour faire obstacle à l’installation d’une dictature rampante.
Le PPA-CI rappelle que la Côte d’Ivoire a reconnu la compétence de la CPI pour les crimes commis après le 1er juillet 2002, en ratifiant le Statut de Rome dès 2013. Il se donne le droit de dénoncer ces cas d’arrestations arbitraires, d’enlèvements clandestins, de mauvais traitements et de persécutions à caractère politique.
De même que nous nous proposons dès maintenant de saisir les organisations des droits de l’Homme.
9.À nos militants, sympathisants et à tous les Ivoiriens attachés à la paix et à la souveraineté, nous disons : ne vous laissez ni intimider ni détourner par ces actes désespérés du régime RHDP. Leur fébrilité traduit leur peur face à notre détermination collective à empêcher un quatrième mandat inconstitutionnel.
Nous restons mobilisés, pacifiques, disciplinés et nombreux.
Nous défendons la liberté par des moyens pacifiques, et opposerons la force du droit aux dérives de la force.
Pour le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire
Professeur Sébastien DANO Djédjé
Président Exécutif



