Sénégal : le Premier ministre Lo déclare que le pays doit apurer 3,5 milliards de dollars d’arriérés et restructurer sa dette

Le Sénégal doit régler des milliards de dollars d’arriérés de paiement dans le cadre des efforts visant à redresser ses finances publiques, a déclaré mardi le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.
Les arriérés, qui s’élevaient à 1 956 milliards de francs CFA (3,5 milliards de dollars) en mars 2025, risquent de paralyser l’activité économique au Sénégal et de provoquer des pertes d’emplois, a-t-il ajouté.
La semaine dernière, le FMI et le Sénégal ont annoncé avoir conclu un accord de principe pour un prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Un précédent programme du Fonds monétaire international avait été suspendu en 2024 suite à la révélation d’irrégularités dans la déclaration de la dette sous le précédent gouvernement sénégalais.
Lo a déclaré que ce pays d’Afrique de l’Ouest ne procédera pas à une restructuration de sa dette, préférant plutôt la réévaluer.
« Le rééchelonnement implique l’allongement des échéances et la renégociation des taux d’intérêt », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une trentaine d’accords miniers sont actuellement en cours de renégociation.

Le ministère de l’Économie et des Finances du Sénégal a déclaré la semaine dernière avoir accepté un « cadre commun renforcé » pour rétablir la « viabilité de la dette », ajoutant que la dette libellée en francs CFA serait exclue de cette restructuration.
On ignore précisément ce que le Sénégal entend par « cadre commun renforcé », et Dakar a donné peu de détails sur ses projets.
Le cadre commun du G20 est un mécanisme mis en place pendant la pandémie pour coordonner les restructurations entre les créanciers officiels, y compris les membres du Club de Paris et les nouveaux prêteurs comme la Chine.
Bien qu’il vise à accélérer l’allègement de la dette et à garantir un traitement comparable entre les créanciers, il a été critiqué pour la longueur des négociations et l’incertitude des résultats.
Bien que le Sénégal affirme qu’il ne procédera à aucune restructuration, les investisseurs considèrent souvent les prolongations d’échéance et les réductions de taux d’intérêt comme des formes de restructuration de la dette, car elles modifient les conditions initiales.
Source : Reuters



