PDCI-RDA : Gnamien Yao s’adresse à Charles Tchétché et à tous ceux qui ont traduit le PDCI en justice

Le vice-président du PDCI-RDA et grand conférencier du parti, Gnamien Yao, a lancé un appel à Charles Abié Tchétché ainsi qu’aux militants ayant engagé des procédures judiciaires contre leur formation politique. Il s’exprimait ce vendredi 24 juillet 2026, lors d’un direct diffusé sur la page Facebook officielle du parti, PDCI24, consacré au thème : « Légitimité et légalité du président Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA ».
S’adressant directement à Charles Abié Tchétché, Gnamien Yao a plaidé pour un retour au dialogue interne.
« Tchétché, c’est à toi que je parle. Si tu m’entends, reviens à la maison, abandonne cette voie. Le président Bédié, de là où il est, t’en saura gré. Le président Houphouët disait que lorsque tu avances et que tu te rends compte que le chemin est bouché, il faut revenir sur tes pas. Le chemin que tu as pris est sans issue, mais les portes du PDCI ne te sont pas fermées. Tu as plaidé hier pour moi auprès du président Bedié, c’est à mon tour de plaider pour toi aujourd’hui », a-t-il déclaré.
L’ancien ministre a également évoqué sa propre expérience pour convaincre les contestataires de renoncer à la voie judiciaire.
« Je sais que ce qu’ils sont en train de faire n’aboutira à rien, parce que moi-même je l’ai fait et cela n’a rien donné. Le parti m’a sanctionné et radié pendant huit ans avant de me réhabiliter en 2017. C’est pourquoi je dis à tous ceux qui tirent les ficelles qu’ils font fausse route. Toutes les tentatives visant à envoyer le parti devant les tribunaux doivent être abandonnées. Nous avons été les pionniers en la matière et je le regrette », a-t-il affirmé.
Selon lui, même si Tidjane Thiam n’était plus président du parti, cela ne ferait pas automatiquement de Charles Tchétché son successeur.
« À supposer que le président Tidjane Thiam ne soit plus président, est-ce que Tchétché deviendra président ? », s’est-il interrogé.
S’appuyant sur une célèbre citation de Félix Houphouët-Boigny, Gnamien Yao a rappelé que « l’on ne peut pas détruire ce que l’on n’a pas construit », insistant sur le fait que le PDCI demeure « une famille » et « une association privée », où « le linge sale doit se laver en famille ».
Le vice-président du PDCI-RDA a ensuite retracé les grandes épreuves traversées par le parti depuis plusieurs décennies, estimant que celui-ci a toujours su se relever.
« En 1980, avec la démocratie interne, on donnait le PDCI pour mort, mais il a résisté. En 1990, avec le multipartisme, près de quarante partis ont vu le jour et beaucoup annonçaient la disparition du PDCI. En 1993, après le décès du président Houphouët-Boigny, certains célébraient déjà les funérailles politiques du parti. Pourtant, le 30 avril 1994, les aînés ont confié la présidence du PDCI-RDA à Henri Konan Bédié à l’issue d’un congrès extraordinaire. Après le coup d’État de 1999, on disait encore que le parti ne survivrait pas. Il est resté uni autour de son président, malgré deux années d’exil. À la disparition du président Bédié, beaucoup ont de nouveau annoncé la fin du PDCI, mais le parti est toujours debout », a-t-il rappelé.
Abordant les procédures judiciaires visant Tidjane Thiam, Gnamien Yao a estimé que les recours devraient, le cas échéant, viser les instances du parti ayant procédé à son élection’ notamment le bureau politique et le congrès plutôt que le président lui-même.
« Le président Thiam ne s’est jamais autoproclamé. C’est le 9ᵉ Congrès extraordinaire du parti qui l’a choisi, puis confirmé avec 99,77 % des suffrages. Normalement, si tu as le PDCI dans ton ADN et non comme un habit que tu portes, tu t’inclines », a-t-il soutenu.
Pour rappel, le 9 avril 2026, Charles Abié Tchétché, membre du Bureau politique du PDCI-RDA, a saisi la justice afin de contester la présidence de Tidjane Thiam, estimant que ce dernier, résidant à l’étranger, serait dans l’incapacité matérielle d’exercer pleinement ses fonctions à la tête du parti.
Le 22 avril 2026, un autre membre du Bureau politique, Antoine Siaba, a également engagé une procédure judiciaire en vue de la destitution de Tidjane Thiam. Il soutient que celui-ci ne remplissait pas la condition statutaire de dix années d’ancienneté au sein du Bureau politique avant son élection à la présidence du PDCI-RDA.
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