Moyen-Orient : ce qu’il faut savoir sur le ‘ »Conseil de paix » créé par Donald Trump pour concurrencer l’ONU

Donald Trump veut créer un « Conseil de paix » à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec l’ONU. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cet énième coup de menton du président des États-Unis.
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Pourquoi cette proposition ?
La Maison Blanche avait annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé. Mais le projet de « charte » révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza.
« Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux États « invités » à y siéger.
Le texte de huit pages critique d’emblée les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », dans une allusion claire à l’ONU, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Il souligne d’ailleurs « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ».
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Quels pouvoirs prévus pour Donald Trump ?
Donald Trump sera le « premier président du Conseil de paix », dont les pouvoirs prévus sont très vastes : il est seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer, il peut révoquer leur participation sauf en cas de « véto par une majorité des deux tiers des États membres », et a un droit de regard sur tous les votes.
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Qui a été invité à siéger ?
Deux entités liées à ce conseil ont été créées : un comité palestinien technocratique destiné à administrer provisoirement la bande de Gaza et un « executive board » qui semble destiné à jouer un rôle plus consultatif. De premiers noms ont été dévoilés par la présidence américaine et d’autres personnalités ont annoncé avoir reçu des invitations.
Le Conseil de paix se penchera sur des questions telles que « le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l’attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation des capitaux » pour la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre, selon la Maison Blanche.
- Donald Trump
- Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio
- L’émissaire spécial de Donald Trump Steve Witkoff
- Le gendre de Donald Trump et médiateur officieux Jared Kushner
- L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair
- Le milliardaire américain Marc Rowan
- Le président de la Banque mondiale Ajay Banga
- Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump
Plusieurs dirigeants étrangers ou conseillers de ces derniers ont affirmé avoir reçu une invitation de la part du gouvernement de Donald Trump, sans pour autant nécessairement dire s’ils comptaient l’accepter ou non. Voici une liste des personnalités dont on sait qu’elles ont reçu une telle invitation :
- Le Premier ministre de l’Albanie Edi Rama
- Le président argentin Javier Milei
- Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva
- Le Premier ministre canadien Mark Carney
- Le président chypriote Nikos Christodoulides
- Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi
- Le président turc Recep Tayyip Erdogan
- Le roi de Jordanie Abdallah II
- La Première ministre italienne Giorgia Meloni
- Le Premier ministre hongrois Viktor Orban
- Le président roumain Nicusor Dan
- Le président du Paraguay Santiago Peña
- Le Premier ministre indien Narendra Modi
- Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
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La facture pour un siège permanent
- Les États candidats à un siège permanent au « Conseil de paix » devront s’acquitter de «plus d’un milliard de dollars en espèces », selon la « charte » obtenue lundi par l’AFP.
- «Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres qui versent plus d’un milliard de dollars en espèces au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte », ajoute le projet, sans plus de précisions.
Source : AFP



