Lutte contre l’hypertension artérielle : Plaidoyer pour une prise en charge de la personne et non de la maladie

En prélude à la Journée mondiale de l’Hypertension artérielle (JMHTA) 2025, qui a lieu le 14 mai de chaque année, la Fondation cœur citoyen a organisé un séminaire scientifique dénommé Pré-JMHTA, le 11ème du genre, autour du thème : « Mesurez votre tension artérielle avec précision, contrôlez-là, vivez plus longtemps ». C’était le 3 mai 2025, à l’Académie des maladies métaboliques, à Yopougon Saint-Louis (Abidjan).
Cette journée a été marquée par la présentation des résultats d’une étude de jeunes chercheurs, particulièrement des Internes des hôpitaux.
Dans sa communication sur le thème « Déconstruction et reconstruction identitaire à l’annonce du diagnostic du diabète : cas clinique d’un patient diabétique », Dr Sonia Yapi, spécialiste en sociologie de la santé, au Centre antidiabétique d’Abidjan (Cada), a recommandé aux professionnels de la santé une approche du patient centrée sur la personne (médecine de la personne) et non sur la maladie (médecine des organes).
« Il nous faut passer de la prise en charge de la maladie à la prise en charge de la personne, c’est-à-dire en tenant compte de l’environnement social du patient, surtout dans le cas des pathologies chroniques. Ceci afin de permettre à toutes ces personnes vivant avec ces maladies de vivre pleinement, en acceptant le traitement prescrit par le médecin mais aussi accepter leur condition de malade pour une prise en charge thérapeutique efficiente », a-t-elle dit.
Justifiant sa position, l’experte explique qu’en cas de maladies chroniques, les habitudes de vie, notamment alimentaires du patient, changent, ce qui est en opposition avec ses pratiques habituelles. « Vous prenez, par exemple, un ressortissant du Nord qui a l’habitude de consommer le « kabato » (plat à base de semoule de mais) et au cours d’une consultation on lui interdit de manger le kabato, qui contiendrait du sucre, parce qu’on a découvert qu’il souffre du diabète; ou bien parce qu’on lui a découvert des signes d’HTA; de ne plus manger du sel par exemple, ce n’est pas facile de changer d’habitudes alimentaires du jour au lendemain », a-t-elle souligné. 
Avant d’ajouter, « quand on est atteint d’une pathologie aiguë, le traitement est à court terme et la guérison est certaine, le patient ici est pris comme objet de soins mais dans le cas d’une maladie chronique l’individu change d’habitudes de vie, notamment alimentaires, dont il va falloir tenir compte. Il faut faire une alliance avec le patient, négocier avec lui, pour gérer cette crise psycho-sociale d’acceptation, il faut donc une médecine de la personne », a-t-elle recommandé .
Initiées en 2013 par la fondation cœur citoyen, les Pré-JMHTA sont une plateforme de rencontre pluridisciplinaire qui regroupe des cardiologues, des néphrologues, des neurologues, des diabétologues, des médecins généralistes, afin de faire un partage d’expériences sur la prise en charge des personnes vivant avec les maladies métaboliques, telle que l’hypertension artérielle, le diabète.
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