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Incarcération de Soumaïla Bredoumy, le député Assalé Tiémoko s’interroge : « Pas de garanties de représentation ? »

Le député et journaliste, Assalé Tiémoko Antoine, s’est prononcé sur l’affaire Bredoumy Soumaïla, porte-parole principal du PDCI-RDA et député de la nation, pris dans les maille de la justice ivoirienne, après son retour d’exil volontaire, le 24 novembre dernier.

Lire aussi : Garde à vue Soumaïla Bredoumy : le PDCI dénonce «une stratégie d’intimidation, de harcèlement et de mise sous pression des voix dissidentes»

Ci-dessous, l’intégralité de sa déclaration

Pas de garanties de représentation ?

Le député Bredoumy, porte-parole du PDCI, a, selon ses avocats, été placé sous mandat de dépôt pour être écroué au PPA (ex-Maca), notre maison commune tant que nous sommes en vie, que l’on soit dans l’opposition ou au pouvoir.

D’après son conseil, M. Bredoumy a été arrêté alors qu’il bénéficie d’une immunité parlementaire, mais les faits qui lui sont reprochés relèveraient, selon le parquet, du « flagrant délit », seul cas où un député peut être entendu et arrêté sans lever son immunité parlementaire.

Ne connaissant pas le fond du dossier, je m’abstiendrai de tout jugement sur la réalité ou non des faits reprochés.

Ce qui m’interpelle toutefois, c’est la facilité avec laquelle on incarcère dans notre pays, comme s’il n’existait aucune alternative à la détention.

Nul n’est au-dessus des lois, mais lorsqu’un prévenu bénéficie de la présomption d’innocence — parce qu’il n’a pas encore été définitivement condamné et qu’il offre de solides garanties de représentation — il est possible de poursuivre la procédure sans l’incarcérer, la liberté étant de droit et la privation de liberté, l’exception.

Le contrôle judiciaire, par exemple, permet de confisquer le passeport du prévenu et de lui imposer des mesures contraignantes jusqu’au jugement. C’est le cas dans l’affaire Kome Bakary : malgré des inculpations pour plusieurs infractions et l’annulation de son acte de naissance pour « fraude », il demeure en liberté sous le contrôle d’un juge d’instruction.

Selon le Conseil national des droits de l’homme, le PPA est surpeuplé d’environ 200 %.

Ne pourrait-on pas, face à une telle réalité, envisager d’autres réponses que la détention systématique ?

ASSALE TIEMOKO ANTOINE.

DÉPUTÉ DE LA NATION.

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