Guinée-Bissau : la CEDEAO plaide pour une transition courte et inclusive auprès de la junte au pouvoir

Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao, a annoncé samedi sur ses réseaux sociaux avoir mené des « discussions constructives » avec les autorités militaires bissau-guinéennes, réitérant l’appel à un gouvernement de transition inclusif.
Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a dirigé samedi une mission de haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en Guinée-Bissau, deux semaines après une première visite diplomatique qui avait permis la libération partielle de détenus politiques.
Lire aussi : Guinée-Bissau : Diomaye Faye et Julius Maada Bio à Bissau pour une mission de haut niveau de la CEDEAO
« Conformément au communiqué du 68e Sommet de la Cédéao, j’ai dirigé une mission de haut niveau en Guinée-Bissau pour m’engager avec le Haut Commandement militaire, dirigé par le général de division Horta N’Tam », a déclaré le président Bio sur ses réseaux sociaux consultés à APA.

Le chef de l’État sierra-léonais, également président en exercice de la Cédéao, est arrivé le premier à Bissau et a été accueilli par le général Horta N’Tam, dirigeant de la transition. Il était accompagné du président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Alieu Touray. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est arrivé quelques instants plus tard, également reçu par le général N’Tam.
« Nos discussions ont été constructives, et j’ai réitéré l’appel de l’Autorité pour une courte transition menée par un gouvernement inclusif reflétant le spectre politique et la société de la Guinée-Bissau », a ajouté Julius Maada Bio.
La visite intervient deux semaines après une première mission sénégalaise, qui avait obtenu la libération partielle de six personnes proches de l’opposant Domingos Simões Pereira. L’ancien président de l’Assemblée nationale populaire reste toutefois détenu.
Cette démarche diplomatique s’inscrit dans le cadre des décisions du dernier Sommet de la Cédéao tenu à Abuja, visant le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau après le coup d’État du 26 novembre.

Le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre, a pris le pouvoir après l’interruption du processus électoral à 24 heures de la proclamation des résultats par la Commission nationale électorale. À la tête d’une transition d’un an, il a nommé un gouvernement et adopté une charte de transition.
Domingos Simões Pereira, principal soutien du candidat présidentiel Fernando Dias da Costa, demeure en détention. Ce dernier, revendiquant la victoire dès le lendemain de l’élection du 23 novembre, s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau.
La Cédéao a rejeté le calendrier de transition annoncé par les auteurs du coup d’État. Dans son communiqué final du 68e sommet d’Abuja, elle a rappelé que les élections du 23 novembre avaient été jugées « libres, transparentes et pacifiques » par sa mission d’observation et par d’autres instances internationales.
L’organisation régionale a exigé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, la mise en place d’une transition de courte durée dirigée par un gouvernement inclusif, ainsi que la protection des dirigeants et institutions nationales par la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau (MISGB).
La Cédéao a chargé sa Commission de suivre pleinement le processus de transition et avertit que des sanctions ciblées seront appliquées à toute personne ou groupe entravant le retour à l’ordre constitutionnel.
Lors de la mission du 22 décembre, la délégation sénégalaise, comprenant le ministre des Forces armées Birame Diop, avait plaidé pour la libération des prisonniers politiques et la sécurisation des réfugiés. Les autorités de transition ont justifié le soulèvement militaire par la nécessité de prévenir des tensions internes et de lutter contre le narcotrafic, tout en annonçant des réformes institutionnelles et électorales.
Source : APA



