Discours de haine et radicalisation : les organisations féminines de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel outillées pour renforcer la résilience des femmes et des jeunes face à l’extrémisme violent

Partners West Africa (PWA)-Sénégal a organisé à Dakar, les 14 et 15 juillet 2025, un atelier régional de renforcement de capacités sur « Le rôle des femmes et des jeunes dans la prévention et la lutte contre les discours de haine, la polarisation, l’extrémisme violent et la radicalisation ».
Cette rencontre s’est inscrite dans le cadre de l’initiative ‘’Les Sentinelles des Résolutions +Femmes, Paix et Sécurité+ et de la cohésion sociale’’, qui vise à renforcer la résilience des organisations féminines de défense des droits des femmes et à consolider les acquis en matière de paix et de cohésion sociale.

C’est dans ce contexte que la Fondation Serenti, en tant que membre des ‘’Sentinelles des résolutions Femmes, Paix, Sécurité et Cohésion sociale’’, a participé à cet atelier de renforcement de capacités.
La cérémonie d’ouverture a été animée par Professeure Adjaratou Wakha Aidara Ndiaye, Directrice exécutive de Partners West Africa Sénégal. Dans son allocution, Professeure Adjaratou Wakha Aidara Ndiaye a souhaité la bienvenue à l’ensemble des participant.e.s présent.e.s à la salle Tamarin de Terrou Bi Hôtel, lieu de ces deux jours d’atelier, mettant l’accent sur de nombreux obstacles logistiques et sécuritaires que des leaders ont bravé, pour se rendre à l’atelier.

Elle a également présenté le contexte selon lequel le rôle essentiel des femmes en tant que bâtisseuses de la paix, leur participation à la lutte contre le terrorisme (LAT) et à la prévention de l’extrémisme violent (PEV), est soutenu par les Résolutions 1325 et 2242. Malgré cette reconnaissance, leur participation aux processus politiques et de développement reste limitée. De même, les organisations de la société civile (OSC) et les leaders communautaires qui s’investissent sur la problématique Femmes-Jeunes-Paix-Sécurité (FJPS) n’ont souvent pas accès à des formations techniques et concrètes sur les stratégies de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent, ce qui limite leurs capacités à s’engager de manière substantielle et efficace aux initiatives nationales et régionales dédiées.

L’atelier a réuni 50 participantes et des He4She venu.e.s d’une dizaine de pays, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger le Tchad, ainsi que le Sénégal, pays hôte. Les parties prenantes sont issues de représentant.e.s de la société civile, des institutions sécuritaires, des partenaires techniques, des jeunes engagés et des femmes leaders.

Ledit atelier s’inscrit dans la continuité de l’atelier de Banjul (Gambie), tenu les 30 et 31 mai 2024, en mettant un accent particulier sur les dynamiques He4She, She4She et She4All, ainsi que sur les impacts socio-économiques des crises sur les femmes, ainsi que le panier de la ménagère.
Pour rappel, l’objectif de l’atelier était de consolider les acquis de l’initiative, d’approfondir l’analyse des résolutions 1325 et 2242 et de renforcer la réponse collective face aux défis contemporains que sont les discours de haine, la radicalisation, la désinformation, la criminalité transnationale et la mal gouvernance.

À travers plus d’une dizaine de panels, de sessions techniques, de fiches questionnaire et d’études de cas, les participant.e.s ont pris la parole pour partager leurs points de vue sur les thèmes ci-dessous :
- Introduction générale : Participation des Femmes et des Jeunes à la paix et à la sécurité au Sahel : Revue de la Résolution 2242 et ses implications, défis et obstacles.
- Les Sentinelles des Résolutions FPS et de la Cohésion Sociale : Meilleures pratiques, réussites et défis de l’initiative.
- Table Ronde : La Résolution 2242 appliquée en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
- Stratégie de promotion et d’appropriation pour améliorer la P/CVE et la LAT.
- Session de renforcement technique : Les menaces sécuritaires, les crimes transnationaux organisés, la criminalité transfrontalière : Rôle et place des femmes pour une gestion efficiente des menaces transnationales.
- Session de renforcement technique : les réseaux sociaux et l’IA : des outils de communication ou de propagande des conflits ?
- Session de renforcement technique : participation efficace des femmes à la paix et à la sécurité face aux défis de la désinformation, des discours haineux, de la radicalisation, etc. : pour une utilisation optimale des TIC.
- Atelier de renforcement de capacités : Sentinelles des Résolutions Femmes, Paix, Sécurité Et De La Cohésion Sociale : Quelle approche collaborative pour mieux participer à la P/CVE et à la LAT aux frontières de nos Pays ?
- OSC/F AES/CEDEAO : Comment relever le défi de la poursuite de la collaboration ? Sentinelles des résolutions femmes, paix, sécurité et de la cohésion sociale.
- Sentinelles Des Résolutions Femmes, Paix, Sécurité et de la Cohésion Sociale et GTFJPS/AOS (Pour s’inscrire dans la continuité de l’atelier de Banjul) : Promotion du He4She, She4She et du She4All, l’impact des crises sociopolitiques et celle de la mal gouvernance sur le panier de la ménagère : Quelles stratégies et recommandations ?

Outre ces sessions, l’accent a été mis sur la Résolution 2242, dans les recommandations. Notamment Vulgariser la résolution 2242 : traduction en langues locales, accessibilité à tous (en ligne, dans les écoles, communautés, etc.), et intégration explicite dans les Plans d’Action Nationaux (FPS).
Outre les défis persistants, les différentes interventions ont émis le besoin d’une approche endogène, inclusive, intergénérationnelle et transfrontalière.
La remise des certificats de participation et les discours de clôture ont mis fin à cet atelier qui a vu la participation de plusieurs grandes femmes leaders de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Source : Dr Angèle Ouraga – Fondation Serenti



