Trafic de cocaïne : Sierra Leone, hub stratégique du trafic vers l’Europe (Rapport)
L'opération Arconienne : Anatomie d'une cargaison record de cocaïne transatlantique - trafic à bord de cargos reliant l'Afrique de l'Ouest à l'Europe

Le 1er mai 2026, les autorités espagnoles ont saisi plus de 30 tonnes de cocaïne à bord de l’ Arconian , un vraquier battant pavillon comorien, intercepté au large des côtes du Sahara occidental. Il s’agit de la plus importante saisie de cocaïne jamais enregistrée.
La cargaison, vraisemblablement chargée à Freetown, en Sierra Leone, était destinée à être transbordée sur des vedettes rapides près des îles Canaries avant d’être distribuée à travers l’Europe. À bord, aux côtés d’un équipage philippin, se trouvaient six hommes armés : cinq Néerlandais et un Surinamien, dont plusieurs avaient déjà été inculpés aux Pays-Bas pour trafic de cocaïne et blanchiment d’argent.
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L’ incident de l’ Arconian n’était pas un cas isolé. L’enquête sur les mouvements du navire révèle un schéma plus large et persistant : depuis au moins 2024, plusieurs petits cargos quittant Freetown ou les eaux ouest-africaines avoisinantes ont suivi des routes quasi identiques vers des ports d’Afrique du Nord, stationnant au large du Maroc, des îles Canaries et des côtes espagnoles avant de terminer leur voyage. Au moins huit trajets de ce type ont été identifiés.
Le coordinateur probable est Jos Leijdekkers, un important trafiquant de cocaïne néerlandais installé en Sierra Leone depuis mi-2022, dont le réseau semble fournir des services logistiques – et possède probablement une partie des cargaisons – pour plusieurs expéditions groupées.
L’ampleur de la saisie à Arconian oblige à réévaluer les mécanismes de circulation de la cocaïne entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe. Des vraquiers opérant depuis des ports secondaires ouest-africains, acquis par des sociétés sans expérience maritime, ont permis à des cargaisons de cette ampleur de transiter en grande partie inaperçues.
Comprendre ce mode opératoire – les modalités d’acquisition des navires, la composition des équipages et les mécanismes de transbordement – est essentiel pour démanteler ce que les preuves suggèrent être un corridor de trafic bien établi et à fort volume.
Source : Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC)



