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Force africaine en attente : l’UA entend renforcer la coordination des capacités collectives du continent en matière de paix et de sécurité

L’Union africaine (UA) entend renforcer la coordination entre ses structures continentales et régionales afin de rendre pleinement opérationnelle la Force africaine en attente (FAA), dans le cadre d’un protocole d’accord adopté entre l’organisation, les communautés économiques régionales (CER) et les mécanismes régionaux (MR).

L’adoption de cet accord a été présentée comme une avancée majeure pour l’architecture africaine de paix et de sécurité lors de la 5e Plateforme régionale de haut niveau d’échange de connaissances sur la FAA, organisée dans la ville de New Alamein, en Égypte, en marge du 8e Sommet de coordination semestriel de l’Union africaine.

Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a qualifié cette adoption de « tournant majeur » dans le renforcement des capacités collectives du continent en matière de paix et de sécurité.

Il a souligné que l’intégration régionale reposait sur la paix, la sécurité et la stabilité politique, appelant à adapter la FAA aux réalités de l’environnement sécuritaire actuel.

Mahmoud Ali Youssouf a notamment insisté sur la nécessité de reconnaître officiellement et d’intégrer dans le cadre de la FAA les opérations déployées par les communautés économiques régionales. Il a également plaidé pour un renforcement de la subsidiarité, de l’interopérabilité, de l’appropriation africaine et de la légitimité des interventions.

Le président de la Commission de l’UA a par ailleurs appelé à harmoniser l’interprétation et la mise en œuvre du principe de subsidiarité, à systématiser le partage des enseignements tirés des opérations, à renforcer la mobilisation des ressources et à poursuivre les efforts pour rendre la FAA pleinement opérationnelle.

Des réponses coordonnées face aux menaces transfrontalières

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Parfait Onanga-Anyanga, a également salué l’adoption du protocole d’accord, estimant que celui-ci dépassait le cadre d’un simple instrument administratif et pouvait favoriser une utilisation plus cohérente et plus efficace de la FAA.

Il a rappelé que les défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée, notamment les conflits armés, le terrorisme, l’extrémisme violent, les changements anticonstitutionnels de gouvernement et l’instabilité liée au climat, dépassaient de plus en plus les frontières nationales.

Ces menaces nécessitent des réponses rapides et efficaces, reposant sur une cohérence politique et une coordination stratégique, a-t-il souligné.

Parfait Onanga-Anyanga a également insisté sur le rôle déterminant de l’engagement politique durable des États membres, notamment pour garantir la disponibilité des capacités militaires, policières et civiles nécessaires en cas de crise.

Il a en outre mis en avant l’importance de financements prévisibles, indiquant que le protocole d’accord pourrait contribuer à clarifier les modalités de mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les préparatifs entre l’UA et l’ONU se poursuivent sur cette question.

La préparation opérationnelle au cœur des priorités

Le président du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine pour le mois d’octobre a, pour sa part, présenté le protocole d’accord comme l’une des évolutions institutionnelles les plus importantes de la FAA depuis la création du Conseil.

Il a estimé que le coût de l’inaction était supérieur à celui des investissements dans la prévention des conflits, appelant à privilégier des réponses africaines rapides, cohérentes et efficaces, plaçant la protection des civils au centre des interventions.

Il a également souligné que la préparation opérationnelle de la FAA ne devait pas être évaluée uniquement en fonction du nombre de soldats disponibles, mais aussi au regard des compétences des personnels, de leurs équipements et de leurs capacités opérationnelles.

Plusieurs aspects nécessitent encore des efforts, notamment la génération des forces, le développement des capacités techniques, le financement, les procédures d’autorisation et les délais de présentation des rapports.

Le président du CPS a également insisté sur l’importance de l’examen stratégique de la FAA afin d’adapter cette force à l’évolution des menaces, notamment les conflits asymétriques, les réseaux terroristes et l’utilisation croissante des nouvelles technologies.

S’attaquer aux causes profondes des conflits

À l’issue des échanges, les participants ont réaffirmé que le protocole d’accord constituait une base renforcée pour améliorer la coordination entre les niveaux continental et régional, tout en préservant le rôle essentiel des communautés économiques régionales et des mécanismes régionaux.

Ils ont souligné que l’opérationnalisation de la FAA nécessitait un engagement politique durable des États membres, des financements suffisants et prévisibles, des personnels compétents et correctement équipés, ainsi qu’une coopération renforcée entre l’Union africaine et les Nations unies.

Les discussions ont également mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des conflits pour garantir une paix durable. Les participants ont notamment souligné l’importance d’une gouvernance inclusive, du respect de l’ordre constitutionnel et des droits humains, ainsi que du développement durable.

La Commission de l’Union africaine a réaffirmé son engagement en faveur de ce nouveau cadre de coopération, de la pleine opérationnalisation de la Force africaine en attente et de la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063, qui vise à promouvoir une Afrique pacifique, sûre, stable et prospère.

Source : AA

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