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Assemblée nationale ivoirienne : budget 2027, intelligence artificielle et modernisation de l’institution au menu de la 2ème session ordinaire

L’Assemblée nationale a ouvert, ce jeudi 1er octobre 2026, sa deuxième session ordinaire de l’année. La cérémonie, tenue dans l’hémicycle sous la présidence de M. Patrick Achi, Président de l’Assemblée nationale, a réuni notamment le Haut-Représentant du Président de la République, M.Gilbert Koné Kafana, la Présidente du Sénat Côte d’Ivoire Mme Kandia Camara et M. Milton Dick MP , Président de la Chambre des Représentants d’Australie.

Cette nouvelle session ouvre une étape importante pour la nouvelle législature. Après une première session consacrée à la mise en place des structures et des principaux outils de travail, l’Assemblée nationale entend désormais consolider son action autour de plusieurs priorités : l’examen du budget 2027, le renforcement du contrôle et de l’évaluation des politiques publiques, l’intégration de l’intelligence artificielle et la modernisation de l’institution.

À l’ouverture des travaux, le Président de l’Assemblée nationale est revenu sur les principales avancées enregistrées au cours de la première session ordinaire de l’année 2026.


Cette première étape a notamment été marquée par l’installation du Bureau de l’Assemblée nationale, la mise en place des six commissions permanentes et la création de la Commission d’évaluation des politiques publiques.

Sur le plan législatif, 27 projets de loi ont été adoptés, dont 26 à l’unanimité, parmi lesquels le Plan national de développement (PND) 2026-2030.

L’intersession a également permis aux députés de poursuivre leur travail au contact des populations. À travers l’initiative « Assemblée nationale hors les murs », plusieurs délégations parlementaires ont procédé à la restitution des travaux de la première session dans les circonscriptions et recueilli les préoccupations exprimées par les populations.

Cette démarche, appelée à s’inscrire dans la durée, repose sur une volonté de renforcer le lien entre la représentation nationale et les citoyens, autour d’une exigence résumée par le Président de l’Assemblée nationale en quatre verbes : « restituer, écouter, transmettre et agir ».

Le budget 2027, premier grand rendez-vous

Avec cette deuxième session, l’Assemblée nationale entre dans une nouvelle séquence de travail, dont l’un des principaux enjeux sera l’examen et le vote du premier budget de la nouvelle législature.
Les débats devront notamment permettre d’apprécier la traduction du PND 2026-2030 dans le budget 2027, à travers les priorités retenues, les ressources mobilisées et les résultats attendus pour les populations.

Le PND prévoit près de 115 000 milliards de francs CFA d’investissements sur cinq ans, dont plus de 70 % devraient provenir du secteur privé. Dans ce cadre, M. Patrick Achi a rappelé la complémentarité des responsabilités entre le Gouvernement et le Parlement.

Au Gouvernement revient la mise en œuvre des politiques publiques ; au Parlement, le vote des moyens, le contrôle de leur utilisation et l’évaluation des résultats.

Pour renforcer cette mission, l’Assemblée nationale entend notamment s’appuyer sur l’expertise de la Cour des comptes et sur la nouvelle Commission d’évaluation des politiques publiques.

La deuxième session s’ouvre par ailleurs sur un agenda législatif qui compte déjà dix projets de loi en instance devant l’Assemblée nationale.


Ces textes portent notamment sur la réglementation bancaire, la microfinance et les instruments publics de financement.

Parmi les textes récemment transmis figure le projet de loi modifiant le Code pénal en vue de renforcer la lutte contre l’orpaillage artisanal. Adopté en Conseil des ministres le 23 septembre, il a été déposé sur le Bureau de l’Assemblée nationale le 29 septembre et devrait faire l’objet d’un examen diligent.

D’autres textes touchant à la vie institutionnelle, notamment dans le domaine électoral, sont également attendus au cours de cette session.

L’intelligence artificielle fait son entrée dans les chantiers parlementaires

Autre enjeu majeur de cette nouvelle session : l’intelligence artificielle.
L’Assemblée nationale entend examiner les possibilités offertes par ces nouvelles technologies pour accompagner et améliorer le travail parlementaire. Une évolution qui devra toutefois rester encadrée par un principe essentiel : l’intelligence artificielle constitue un outil d’appui et ne saurait se substituer au jugement humain.

Dans cette perspective, un premier cycle de formation des parlementaires, organisé en collaboration avec le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, débutera le 12 octobre.
L’objectif est de permettre aux députés de mieux comprendre les usages, les potentialités et les enjeux liés à l’intelligence artificielle, dans un contexte où celle-ci transforme progressivement les pratiques professionnelles et institutionnelles.

La transformation de l’Assemblée nationale passe également par la modernisation de ses infrastructures, de ses équipements et de ses méthodes de travail.
Plusieurs mesures doivent ainsi être progressivement mises en œuvre au cours de cette deuxième session. La livraison des tablettes aux députés débutera le 5 octobre. Elle sera accompagnée de la mise en service d’une connexion à très haut débit et du renforcement du réseau Wi-Fi.

Dans l’hémicycle, un nouveau système de conférence doit être installé avant la fin de l’année. L’institution prévoit également le renforcement des effectifs et de l’expertise de ses services à travers de nouveaux recrutements.

La modernisation comporte aussi une dimension liée au bien-être et à la prévention. Un programme de santé destiné aux parlementaires et aux personnels sera engagé, avec une première conférence prévue le 9 octobre à la Rotonde.

À ces différents chantiers s’ajoute la réhabilitation des infrastructures de l’Assemblée nationale.
Le Président de l’Assemblée nationale a annoncé que le Président de la République son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA a donné son accord au financement de cette opération. Une première tranche des travaux doit démarrer en janvier 2027. Cette annonce a été saluée par les députés.

Cette perspective vient compléter le processus de modernisation engagé, avec l’ambition d’adapter progressivement l’institution aux exigences d’un Parlement moderne, ouvert sur son environnement et davantage connecté aux citoyens.

Une transformation qui place l’institution au centre

À travers cette deuxième session ordinaire, l’institution entend ainsi franchir une nouvelle étape dans la construction de la nouvelle législature.

L’enjeu dépasse le seul calendrier législatif. Il concerne également la capacité de l’institution à renforcer son rôle dans l’examen de la dépense publique, le contrôle de l’action gouvernementale, l’évaluation des politiques publiques, l’utilisation des nouvelles technologies et le dialogue avec les populations.

En conclusion de son discours, Patrick Achi a rappelé, citant Jean Monnet : « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les Institutions. »
Une formule qui vient résumer l’ambition affichée à l’ouverture de cette deuxième session : construire progressivement une Assemblée nationale plus moderne, plus ouverte, plus proche des citoyens et davantage tournée vers l’efficacité de son action.
Comme l’a souligné le Président de l’Assemblée nationale : « Une grande Assemblée nationale ne se proclame pas. Elle se construit. »

Source : Dircom

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